Les suites de la révolte du lundi 29 mars au centre de rétention de Ponte Galeria à Rome

Des retenus sur le toit du Cie de Ponte Galeria lors de la révolte

Le lendemain de la révolte de Ponte Galeria à Rome,

18 retenus passent en comparution immédiate.

Le texte ci-dessous est la traduction du compte-rendu de Macerie, le site d’un collectif d’anti-racistes italiens de Turin qui ont des contacts téléphoniques quotidiens avec les retenus dans les différents centres, et animent régulièrement des actions de solidarité. J’ai ajouté des précisions en ce qui concerne les dates et des éléments de contexte, qui sont ici en italique.
Voici le lien pour l’article original (en italien). Pour plus d’infos sur la révolte du lundi 29 mars au centre de Ponte Galeria, lire l’article traduit hier
.

Le lendemain de la grande révolte au Cie de Ponte Galeria à Rome, les 18 retenus arrêtés passent en comparution immédiate. L’audience sera longue : la police a commencé par présenter les preuves qu’elle a rassemblé contre eux, et à l’heure qu’il est le juge les interroge un par un. Depuis ce matin nous participons à un rassemblement devant la tibunal, et cet après-midi une assemblée générale des soutiens doit se tenir pour décider des prochaines initiatives.

(Pour écouter le reportage sur le rassemblement, enregistré ce matin
par Radio Blackout (en italien), suivez le lien vers l’article original.)

Entretemps, la direction du centre continue de nier les très nombreux transferts qui ont déplacé un grand nombre de retenus vers d’autres centres de rétention. Nous vous tiendrons informés sur ce sujet dès que nos informations seront plus précises, mais très probablement Joy fait partie des retenu(e)s tranféré(e)s, elle devrait retourner au Cie de Modène.

(Joy est l’une des retenues qui ont pris part à une des grandes révoltes dans les centres de rétention italiens qui ont éclaté l’été dernier, en l’occurence celle du 13 août 2009 au CIE de la rue (via) Corelli à Milan. Son témoignage lors du procès de cette révolte l’a rendue tristement célèbre : comme plusieurs autres retenues, elle a été victime de violences sexuelles répétées, infligées par l’inspecteur-chef du centre milanais, Vittorio Addesso. Ses efforts, et ceux des autres retenues conçernées, Helen, Debby, Florence et d’autres, pour le repousser leur ont d’ailleurs valu toutes sortes de vexations, dont des matraquages alors qu’elles étaient menottées. Pour plus de détails en français : sur les inculpées de via Corelli, sur les révoltes d’août et de novembre dans le centre.)

Ce transfert veut dire qu’elle ne sera pas expulsée, pour l’instant (le Cie de Rome, Ponte Galeria, est généralement la dernière étape avant l’expulsion). Nous ne savons pas si ce transfert est dû à des questions juridiques ou au vaste mouvement de soutien dont elle a bénéficié, peut être les deux à la fois. Il pourrait s’agir, plus simplement, d’une mesure visant à éloigner Joy, qui est désormais connue des soutiens de l’extérieur, du centre de Ponte Galeria au moment où à l’intérieur on est occupé à réprimer la révolte de lundi dernier.

Mise à jour de 15h30 : L’audience est désormais terminée mais pas le procès. Sur 18 arrestations, il n’y a que 3 retenus – les seuls à avoir des antécédents de résistance – qui resteront en prison (les 18 retenus ont passé la nuit à la prison de Regina Coeli suite à leur arrestation). Les autres sont  » libérés « , c’est à dire ramenés au centre de rétention de Ponte Galeria. Au cours de l’audience un des flics en service à Ponte Galeria a admis avoir tiré 3 coups de feu en l’air ; il se serait retrouvé sur le toit en plein milieu de la révolte, abandonné par ses collègues et seul parmi les émeutiers…

macerie @ Mercredi 31 mars 2010

Traduction en français par Au fond près du radiateur.

Comments: 2

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *