Évacuation du piquet de grève des sans-papiers du bâtiment 8 rue du Regard

L'évacuation du piquet de grève rue du regard

Les travailleurs sans-papiers grévistes qui occupaient depuis le 15 décembre 2009 les locaux du Fonds d’assurance formation des salariés de l’artisanat du BTP, 8 rue du Regard dans le sixième arrondissement, ont été évacués par les forces de l’ordre jeudi matin (le 1er avril). Autour de 6h du matin, 10 cars de CRS débarquent devant le piquet de grève, et empêchent l’accès au bâtiment et aux alentours.

« Quand les gendarmes sont arrivés, vers 6 h du matin, ça s’est d’abord passé gentiment. Puis ils ont vu qu’on ne voulait pas sortir, alors le chef de la police nous a dit que ça allait se faire par la force. On a été bousculés, il y a eu des coups de pied et de matraque. L’un d’entre nous a eu une jambe cassée. Après, ils ont sorti les gaz lacrymogènes. » Abdalah et une centaine d’autres travailleurs sans papiers en grève ont été évacués hier matin d’un immeuble de la rue du Regard (6e). Ils étaient environ 250 à occuper les locaux du Fonds d’assurance formation des salariés de l’artisanat du BTP depuis décembre dernier, pour demander leur régularisation. Après leur expulsion, les grévistes se sont réunis autour du métro Saint-Placide, où de nombreux soutiens associatifs et politiques les ont rejoints.

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Jeudi matin, seule une 100aine de personnes se trouvaient dans l’immeuble au moment de l’intervention des forces de l’ordre, a précisé Raymond Chauveau (CGT) à l’AFP, contre 250 habituellement. «Une partie de nos camarades sont retranchés à l’intérieur. La police est en train d’aller chercher un bélier pour pouvoir les sortir», a-t-il ajouté. Malgré plusieurs décisions de justice ordonnant d’évacuer les lieux, ces travailleurs sans-papiers étaient toujours sur le site. La dernière décision de justice date du 2 mars, selon le même syndicaliste (cité ici).

« Ils ont bloqué l’entrée, utilisé les gaz lacrymogènes, et puis ils nous ont fait sortir un à un, pour nous repousser jusqu’au métro. C’était triste, c’était violent, c’était n’importe quoi », raconte monsieur Diané, travailleur dans le bâtiment, qui avait rejoint le piquet dès sa mise en place.


Pour la préfecture de police de Paris, l’opération s’est déroulée convenablement. « Ce n’était pas un concours de politesse, ce genre d’opération est toujours musclée », corrige Raymond Chauveau de la CGT, qui précise que plusieurs personnes ont fait état de commentaires racistes de la part des forces de police. Deux ou trois personnes ont été brièvement interpellées avant d’être relâchées.

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Le rassemblement de soutien après l'évacuation du piquet de grève des sans-papiers du bâtiment, 8 rue du regard, le jeudi 1er avril 2010

À la suite de l’évacuation du piquet de grève rue du Regard, les grévistes se sont réunis autour du métro Saint-Placide, et ont organisé un rassemblement de soutien qui a rassemblé 400 personnes. Il ont quitté le métro Saint-Placide vers 23h.


Les grévistes demandent un rendez-vous au ministère du Travail, et refusent de négocier avec le ministère de l’Immigration et de l’Identité Nationale. Ils refusent aussi de déposer des dossiers individuels en préfecture, et de se soumettre ainsi à l’arbitraire préfectoral; ils privilégient pour l’instant la défense collective, en attendant une réponse du ministère du Travail.

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