La révolte du 13 mars au Cie de Ponte Galeria à Rome

Des retenus sur le toit du Cie de Ponte Galeria lors de la révolte

Comme promis, plus de détails sur la révolte du 13 mars au Cie de Ponte Galeria, qui a contribué à préparer celle du 29 mars dernier.
Les retenus ont profité d’un rassemblement de soutien devant le centre pour déclencher une émeute à l’intérieur, avec plusieurs départs de feu, deux groupes de retenus qui montent sur les toits et refusent de réintégrer leurs cellules, et des tentatives d’évasion
(4 retenus parviendront à s’évader lors de la révolte du 29 mars
).

Rome, le samedi 13 mars : depuis un moment était annoncée une manifestation sous les murs du centre de rétention (CIE) de Ponte Galeria. Avant d’arriver au rassemblement, un groupe de soutiens recouvre d’affiches les murs des gares de la ligne Rome-Fiumicino. Puis, arrivés devant le centre, certains font passer de la bouffe et des boisssons aux retenus : des aliments sans antidépresseurs ni calmants, à la différence de ceux habituellement fournis par la coopérative Auxilium qui gère le CIE depuis deux semaines.

Un soutien colle des affiches contre les centres de rétention dans une gare romaine

Pendant que le rassemblement commence dehors, à l’intérieur monte la protestation : d’abord des cris, puis les premiers incendies. Les flics tentent alors d’enfermer tous les retenus dans les cellules, mais n’y parviennent que dans l’aile des femmes. 30 retenus de la section des hommes réussissent à monter sur le toit, pendant que leurs camarades continuent de brûler les matelas. Ils resteront au moins une demie-heure sur le toit, jusqu’à ce que les policiers anti-émeutes les contraignent à redescendre, en leur tirant des lacrymos dessus.

Mais juste après, une vingtaine de retenus grimpe sur le toit d’un autre bâtiment, où ils resteront des heures, résistant aux menaces et aux charges de la police. Tentant de s’enfuir, l’un s’agrippe au lampadaire, d’autres s’entaillent les bras et d’autres encore menacent de se pendre avec des draps. Alors que le rassemblement se disperse, les flics chargent les derniers retenus sur les toits : matraquages en règles et menottes. Dès lors, les soutiens décident d’occuper les voies de la gare « Fiera di Roma », bloquant le trafic ferroviaire dans les deux sens pendant près de 40 minutes.

Vers 19h, un groupe d’au moins 100 personnes se rassemble sur la place devant la gare Trastevere et part en cortège sauvage non autorisé qui bloque la circulation, derrière une banderole « Fermer les camps pour immigrés – Antiracistes contre toutes les prisons ». Les cris et les interventions au mégaphone rappellent à la foule des passants du samedi soir romain qu’il y a un camp à Ponte Galeria, et que dans ce camp il y a des gens qui luttent et se rebellent. À l’arrivée des carabiniers anti-émeute, les manifestants ne se dispersent pas et continuent la manifestation dans les ruelles du quartier jusqu’à piazza Santa Maria à Trastevere.

Le lendemain, les journaux nationaux qui pour une fois ne peuvent pas faire comme si de rien n’était, parleront de poubelles renversées, et de la visite d’un élu régional annulée parce que la police lui a refusé l’accès au centre !

Le CIE de Gradisca d'Isonzo

Gradisca, le dimanche 14 mars : c’est un après-midi chargé de tension au Cie de Gradisca, où les retenus ont été enfermés dans leurs cellules pendant toute la journée, sans raison. Au bout d’une heure ou deux, les retenus commencent à protester, et ils vont jusqu’à refuser de dîner, parce que les employés du centre prétendaient leur passer la nourriture sous les portes des cellules, « comme si on était des chiens ». La répression ne se fait pas attendre, avec une perquisition musclée, qui entraîne d’autres protestations de la part des retenus. La situation se calme vers 21h.

Ponte Galeria (Rome), le lundi 15 mars : pendant ce temps à Rome les retenus ont entamé une grève de la faim après la révolte de samedi dernier. Il y a beaucoup de blessés : après être descendus des toits autour de 22h30, les retenus ont été tabassés par la police et ils ont subi une violente perquisition. Il y en a un d’entre eux qui ne peut plus bouger la mâchoire, et semble-il un autre qui se serait lacéré le bras en espérant éviter de nouvelles violences.

À Gradisca la grève de la faim continue, mais nous ne savons pas combien ils sont à participer dans le centre. Hier, pendant les perquisitions, les militaires et les flics étaient armés, et ils ont obligé certains retenus à rester avec les mains en l’air, d’autres se sont servis de leurs matraques.

macerie @ 15 mars 2010

Traduit de l’italien par Non Fides / Au fond près du radiateur.

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