Tentative d’évasion et départ de feu au CIE de corso Brunelleschi à Turin

Le CIE de corso Brunelleschi à Turin

Cette fois-ci c’est au tour de Nabil, un des retenus transférés à Turin après la grande révolte à Ponte Galeria (Rome) du 29 mars dernier, et qui était tenu en isolement depuis. Hier soir, alors qu’il était en train d’être transféré d’un bloc à l’autre, il réussit à se glisser entre les barreaux et à esquiver le maton qui tentait de l’empêcher de s’ enfuir. Il part en courant et parvient à gagner la rue.

Quelques heures plus tôt une 60aine de personnes participaient au rassemblement organisé tous les mois devant le Centre : cris, percussions, feux d’artifice, slogans et messages de solidarité au micro.

Mise à jour du 19 avril : Les flics ont réussi à arrêter la course de Nabil. Ils l’ont rattrapé à l’arrêt de bus, peu après la fuite ; il a passé la nuit à la préfecture et n’est retourné en cage que ce matin. À l’inverse, cet après-midi une 15aine de retenus ont été libérés sans explication, après des mois de rétention et un décret d’expulsion en poche.

Mise à jour du 20 avril : Encore des flammes au CIE de corso Brunelleschi (Turin). Hier soir, peu après 22h00, les retenus ont mis le feu au réfectoire de la  » zone blanche « . Nous ne savons rien des dommages infligés au Centre, mais nous savons par contre qu’il n’y a aucun motif particulier à cette explosion de rage, si ce n’est l’exaspération des retenus.

Mise à jour du 21 avril : 10 retenus supplémentaires ont été libérés, hier, du CIE de corso Brunelleschi (Turin). C’est évident désormais que la préfecture cherche à faire de la place, sûrement pour  » accueillir  » un gros tranfert d en provenance d’un autre Centre – peut être celui de Crotone. Il semblerait que l’incendie dans la soirée d’hier ait justement été  » provoqué  » par la libération de 15 retenus (sans explication) intervenue plus tôt dans l’après-midi.  » Pourquoi sommes-nous encore là ?  » ont dû se demander les retenus qui n’ont pas été libérés. La nouvelle de ces libérations a aussi fait monter la tension à Ponte Galeria (Rome), où les retenus s’en sont pris aux matons et au personnel d’Auxilium (entreprise qui co-gère le Centre); à Rome aussi on devait se demander  » pourquoi sommes-nous encore là ? « . La situation au Cie de Ponte Galeria a empiré avec deux heures de perquisition musclée, alors que nous parvenait la nouvelle d’un nouveau geste d’automutilation : il s’agit de B., qui a encore avalé des piles.

cie ponte galeria

(Macerie mentionne le cas de B. le 13 avril :  » À Rome, B. est en grève de la faim depuis 22 jours, il a déjà perdu 16 kilos mais n’a aucune intention d’arrêter : il veut revoir son fils, né en Italie. Maintenant il ne tient plus debout, et ses compagnons de cellule doivent le porter pour faire quoi que ce soit. La semaine dernière il a avalé tout ce qu’il avait sous la main : une batterie de radio, une lame de rasoir, du désinfectant et du shampoing. L’ambulance est arrivée après une demi-heure l’emmener à l’hôpital pour un lavage d’estomac, et deux jours plus tard ils l’ont rammené au Centre comme si de rien n’était. Désormais il a du mal à parler, à cause du tuyau qu’ils lui ont enfoncé dans la gorge pendant son hospitalisation… « )

Cette fois-ci il a refusé d’être hospitalisé : il veut la liberté, pas un lavage d’estomac.

Macerie @ 21 Avril 2010

Traduit de l’italien par Au fond près du radiateur.

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