Tour du monde des centres de rétention

fermeture des centres de rétention !

Un tour d’horizon des expulsions dans plusieurs pays, en Autriche, en Suisse, aux États-Unis, en Australie et en Lybie. C’est rare d’avoir des informations sur les conditions de vie des migrants hors de l’Union Européenne; on s’aperçoit que la gestion policière des populations est une prérogative de l’état partout où il est assez fort pour l’imposer. Tous les textes ci-dessous sont extraits du Quotidien des Sans-Papiers.

Autriche

AUTRICHE – FC sans-papiers :

En Autriche, à Vienne, le jeudi 29 avril les flics ont fait raid lors de l’entrainement d’une équipe de foot appelée le FC sans-papiers et ils ont raflé les joueurs. Une mobilisation rapide s’est mise en place le jour même avec rassemblement devant la prison Rossauer Lände où ont été amenés les gens arrêtés, blocage de véhicules de police opérant des transferts des sans-papiers interpellés… Lors de l’action de blocage qui a duré deux heures et qui a réuni environ 300 personnes, il y a eu une quarantaine d’arrestations. Le lendemain il y a de nouveau eu une manifestation devant le centre et le 1er mai une mobilisation spécifique à cette situation était également organisée. Au bout du compte, 14 joueurs ont été libérés, plusieurs restent en rétention.

Lors des mobilisations au centre de rétention, les personnes solidaires à l’extérieur ont appris que plusieurs Nigérians se trouvaient enfermés là et qu’un charter pour le Nigéria affrété par Frontex (encore un !) était prévu pour le mercredi 4 mai. Divers rassemblements sont donc d’ores et déjà prévus pour ce jour là et aussi pour le lendemain, mercredi 5 mai, devant le centre de détention où sont emprisonnés les sans-papiers et aussi à l’aéroport.

(Pour les anglophones et germanophones, quelques liens à consulter car le résumé ci-dessus n’est pas très précis : http://no-racism.net/article/3353/ ou http://no-racism.net/article/3347/)

SUISSE – Modus operandi helvète :

Nous avions déjà évoqué, en mars dernier, la mort d’un nigérian lors de son expulsion à Zurich, en Suisse allemande; voici quelques informations sur le mode opératoire des flics suisses qui gèrent les expulsions.

Chaque année, les autorités suisses organisent plusieurs dizaines de vols spéciaux, destinés à renvoyer de force les personnes auxquelles l’asile a été refusé. Et ignorent ou minimisent les dérives liées à cette pratique, ou ses conséquences parfois dramatiques.

« À l’aller, nous servons des sandwichs et de l’eau. Au retour, à la demande des policiers, c’est le festin. Systématiquement. » Anna* est formelle : chaque fois qu’elle a accompagné un vol spécialement affrété pour les expulsions forcées d’étrangers, elle a servi le champagne au retour. « C’est comme une récompense après le travail accompli », explique l’hôtesse de l’air, qui a travaillé dix ans dans le domaine et qui préfère garder l’anonymat. Elle a accompagné une dizaine de vols spéciaux par an et organisé ces vols mandatés par l’Office fédéral des migrations (ODM).

Sept à neuf mille francs le billet

Quarante à quarante-cinq vols ont permis de renvoyer environ deux cent dix à deux cent vingt personnes l’année passée, selon le porte-parole de l’ODM Jonas Montani. Les six premiers mois de l’année 2008, cent une personnes ont été remises à leur pays d’origine, à bord de vingt-deux vols spéciaux spécialement affrétés. Pour un coût oscillant entre sept et neuf mille francs par personne. Six ou sept compagnies aériennes effectuent ces mandats pour l’ODM, précise Jonas Montani, qui refuse cependant de les nommer mais suggère de s’adresser directement aux compagnies. Swiss, Helvetic, Sky Work Airlines et Hello confirment en tout cas qu’elles réalisent ces vols spéciaux et mettent à disposition des avions et du personnel d’accompagnement.

Des policiers formés pendant une semaine aux « refoulements par voie aérienne » à l’Institut suisse de police à Neuchâtel sont aussi du voyage. « En Suisse romande, cent policiers ont suivi la formation jusqu’à présent. Ils sont appelés cinq à six fois par an », déclare Gérard Maury, chef de la police de sécurité internationale à Genève et responsable des cours en Suisse romande. Anna a vu ces policiers à l’œuvre de nombreuses fois : « Pour chaque personne renvoyée, la police nous communique un niveau. Le niveau 1 désigne les personnes qui rentrent de leur plein gré et le niveau 4 celles qui sont emmenées de force. Dans ce cas, elles sont attachées à une chaise roulante, les poignets liés et leur tête est recouverte d’un casque. » Après les décès du Palestinien Khaled Abuzarifa en 1999 à Zurich par étouffement et du demandeur d’asile nigérian Samson Chukwu en 2001 en Valais par « asphyxie posturale », le bâillon et le scotch sur la bouche ont été abandonnés.

[Source : amnesty.ch]

lybie

LYBIE – Expulsion de 149 Maliens :

Communiqué de l’Association Malienne des Expulsés

Le lundi 03 mai 2010, vers 16H00, l’AME, prévenue par des correspondants de la Radio France Internationale (RFI), a été témoin de l’expulsion de 149 Maliens en provenance de la Libye. Une 150e personne, un homme entre la vie et la mort, n’a pu prendre l’avion. Ce charter fait suite à deux vagues d’expulsions en date du 30 septembre 2009 avec 153 personnes expulsées et 09 décembre 2009 avec 149 personnes expulsées.

L’AME a pu accueillir dans ses locaux 21 maliens expulsés dans une situation très précaires. Toutes les autres personnes se sont dispersées faute de structure d’accueil. Selon les premiers témoignages recueillis par l’AME, ces personnes ont été arrêtées manu militari dans leurs foyers, dans la rue ou encore sur leur lieu de travail. Ces personnes exténuées, en état de choc et sujettes à des pathologies de toutes sortes, ont toutes témoigné de leur conditions d’enfermement extrêmes dans les geôles libyennes ; pour la plupart, ces personnes on été enfermées entre quatre et six mois sans aucune procédure légale, ni assistance d’aucune sorte. D’après les témoignages, des centaines de maliens sont encore détenus dans les prisons de Benghazi, Barack et de Saaba et cela depuis plusieurs mois. Près de 600 femmes africaines, dont des maliennes, sont restées encore enfermées dans la prison de Saaba, victimes de violences morales, physiques et sexuelles souvent accompagnées de leurs enfants laissés sans soin.

D’ores et déjà nous faisons le constat suivant :
- Une fois de plus, le gouvernement Libyen maltraite, torture et laisse mourir des migrants dans ses prisons pour étrangers en dehors de toute procédure légale et juridique.
- Les autorités Maliennes se rendent passivement complices par le fait qu’elles connaissent la situation de ces personnes et qu’aucune action ou pression diplomatique n’a aboutit pour sortir nos compatriotes maliens de ces mouroirs.

La situation dramatique des maliens (et d’autres ressortissants étrangers en Lybie) doit être comprise dans le contexte des accords politiques et économiques qui lient depuis quelques années la Lybie et la Communauté européenne. Kadhafi, le « Roi des rois africains » déclare aujourd’hui qu’il souhaite « œuvrer » dans la lutte contre l’immigration clandestine, conformément à la volonté exprimée par l’Union Européenne ; il demande pour l’exécution de cette tâche la somme de cinq Milliards d’euros, soit 3 280 Milliards de Fcfa. Les autorités européennes n’exercent aucun contrôle sérieux en la matière.

• Nous exhortons dès maintenant les autorités Libyennes à mettre fin à cette répression des enfants, femmes et hommes migrants dans leurs prisons illégales. Nous exigeons dès à présent des nouvelles de la 150e personne qui n’a pas pu être rapatriée à Bamako.

• Nous exigeons de la part des autorités maliennes qu’elles condamnent au plus haut sommet de l’Etat les conditions dans lesquelles les migrants et migrantes ont été ou sont encore emprisonnés et qu’elles exigent la libération des autres Maliens et Maliennes toujours enfermés en Libye.

• L’Association Malienne des Expulsés qui a déjà été confrontée à cette situation réaffirme sa présence dans les actions d’aide aux migrants et expriment une nouvelle fois avec force et détermination ses revendications politiques de liberté de circulation et d’égalité des droits pour toutes et tous.

CONTACT : expulsesmaliensbasta@yahoo.fr – Ousmane Diarra : +223 66 78 21 11

ETATS-UNIS – Le Centre Fédéral de Détention bloqué à Los Angeles :

Quatorze manifestants se sont enchaînés au Centre fédéral de détention dans le centre de Los Angeles jeudi 6 mai tandis que des dizaines de personnes se sont rassemblées pour protester contre la loi en matière d’immigration de l’Arizona et demander une amnistie pour tous ceux entrés illégalement dans le pays.

La police de Los Angeles a interpellé les militants qui se sont enchainés ensemble formant un cercle fixe sur une rue en face du centre fédéral de détention pour immigré, bloquant le trafic commercial et les rues d’Alameda pendant environ quatre heures, selon la police.

Les militants disent dans un communiqué diffusé par e-mail qu’ils protestaient contre la loi SB1070 récemment promulguée par l’Arizona et d’autres lois fédérales, étatiques et d’application locales contre l’immigration.

Ils ont prévu de bloquer l’entrée de l’installation et de protester contre la loi de l’Arizona. Ils refuseraient de coopérer avec la police en ne fournissant pas leurs documents d’identité ou leurs noms.

La loi ciblant l’immigration illégale est censé entrer en vigueur en août en Arizona.

La loi fait l’entrée illégale dans le pays un crime. Elle exige également des agents de police locaux pour interroger les gens sur leur statut d’immigré s’il ya des raisons de soupçonner qu’ils sont des immigrants illégaux. Elle permet des poursuites contre les agences gouvernementales qui feraient obstacle à l’application des lois sur l’immigration. Il est illégal d’embaucher des immigrants clandestins, pour le travail journalier (principalement dans l’agriculture) ou de les transporter sciemment.

« Ce centre de détention symbolise l’incarcération et l’internement des immigrants si nombreuses et la séparation des familles »

l’article en anglais : http://news.xinhuanet.com/english20…

Christmas Island en Australie

AUSTRALIE – Evasion de quelques heures à Christmas Island :

Un détenu mécontent s’est échappé grâce à une échelle sur les deux clôtures de fils et s’est enfui dans l’épaisseur de la jungle de Christmas Island, vendredi dernier, déclenchant une opération de la police fédérale australienne et des avertissements pour le personnel du centre de détention de ne pas parler de d’évasion

L’homme a été vu à 10h30 (WST) s’échappant du centre de détention pour immigrés, construit pour 400 millions de dollars par le gouvernement Howard et qui s’apparente à une prison à sécurité maximale, pouvant emprisonner 2000 personnes sur la petite île. Il a été repéré escaladant une clôture électrique qui n’avait pas été activée.

Il a été repris par l’AFP à la fermeture du centre vers 14h30 (heure locale).

http://www.news.com.au/breaking-new…

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