Grève des chômeurs

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Interventions des chômeurs et précaires en lutte qui occupaient
la direction générale de Pôle Emploi à Paris (Pte des Lilas)

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La grève des chômeurs et précaires, un mouvement de fond
contre l’isolement et la résignation

Face à la situation actuelle d’explosion du chômage et de la précarité, le gouvernement n’a rien d’autre à proposer qu’une version light du programme de rigueur qui va être imposé, on pourrait dire expérimenté, sur les cobayes grecs. Au menu, travailler plus et plus longtemps pour moins d’argent. En gros, pour des millions de précaires, survivre avec les minima sociaux, puisqu’il n’y a pas d’emploi pour tout le monde, jusqu’à une retraite misérable, et repoussée
si loin que beaucoup n’en verront pas la couleur.

Seul programme « crédible » face à la crise : isolement, fatalisme, résignation.

Les grecs ne se résignent pas : ils sont des centaines de milliers à manifester,
à marquer leur défiance envers le gouvernement « socialiste », le parlement,
les institutions financières nationales, européennes, internationales.

En France, la colère couve sourdement.
Des grèves se préparent contre la réforme des retraites (manifestation le 27 mai) ; depuis plusieurs mois, des salariés licenciés retiennent leurs dirigeants pour peser sur les négociations, menacent de faire sauter leur outil de travail, reparlent des possibilités de l’autogestion.

Depuis le 3 mai, la grève des chômeurs et précaires a commencé dans un certain nombre
de villes, notamment à Paris, Montreuil, Rennes, Brest, Caen et Tours. Les directions nationale
à Paris et régionale à Rennes ont été occupées. Les conseillers de Pôle Emploi
seront en grève reconductible courant juin.

Le sens de notre action est clair : nous sommes chômeurs et précaires, et nous en tenons
le système économique actuel et ses valets gouvernementaux comme responsables.
Responsables du chômage de masse et de la généralisation des petits boulots alimentaires,
responsables des conditions de travail dégradées, responsables des inégalités grandissantes et des
désastres écologiques. Notre grève est un acte de refus de la condition à laquelle on nous assigne :
se faire une concurrence acharnée sur le marché du travail, pour des miettes de petits boulots et
« mériter » nos allocations, alors que la rareté de l’emploi est organisée par nos dirigeants
qui en tirent profit : salaire de Charpy, directeur national de Pôle Emploi, 230 000 euros par an ;
explosion actuelle du marché de la sous-traitance dans une complète opacité…

Comme seul interlocuteur, nous avons Pôle Emploi et ses sous-traitants.
Ils n’ont rien à proposer. Ils nous culpabilisent et nous traitent avec arrogance.
Nous voulons que les institutions nous servent et ne plus être à leur service.

À chaque fois que nous nous rendons dans des lieux institutionnels,
nous devons faire entendre avec force nos besoins réels, nos aspirations, et ne plus baisser la tête.

  • Plus de plan personnalisé d’accès à l’emploi imposé selon des exigences de « pragmatisme » ; imposons nos exigences : un CDI à temps plein dans le secteur de notre choix. C’est à nous de choisir notre travail, pas à eux de nous l’imposer.
  • La possibilité de changer de conseiller si le courant ne passe pas.
  • Plus de rendez-vous obligatoire : un accompagnement librement choisi selon nos besoins.
  • Plus de placement d’office chez les sous-traitants, plus d’EMT forcée.
    (stage de deux semaines non payé)
  • Plus de prescriptions d’ateliers inutiles.
  • Plus de 3949 : rendons nous dans les agences,
    et restons-y jusqu’à l’obtention d’un rendez-vous.
  • Plus de report continuel de traitement des dossiers, plus de recours interminables :
    venons à plusieurs, réglons nos problèmes sur place. Allons ensemble aux rendez-vous,
    nous en avons le droit.

Depuis le 3 mai, partout en France, des dizaines de dossiers ont été débloqués
(rétablissement de l’ARE ou de l’ASS, annulation des indus, recalcul à la hausse des allocations…)
du simple fait d’être à plus d’un à l’accueil et de se montrer insistants.

L’expérience de ces formes de solidarité nous montre que nous pouvons nous organiser
collectivement pour prendre nos affaires en main. Il n’y a pas d’emploi ?
Créons des collectifs, des associations, des coopératives de chômeurs et précaires
sur des bases égalitaires, écologiques, et non marchandes ! Si de tous côtés on nous dit que
nous ne sommes pas rentables, pas compétitifs, créons des formes d’activité où chacun puisse être
accueilli et respecté, sans avoir à écraser son voisin ! Pourquoi ne pas donner l’argent
qui est sans cesse déversé sur les banques, aux chômeurs, précaires et salariés licenciés
pour qu’ils aient les moyens de réinventer d’autres formes de travail,
de faire face au chantage au licenciement ou à la radiation ?

Pour tout renseignement, problème de dossier, besoin d’accompagnement, un contact : collectifdu3mai@gmail.com

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