Rubrique FAF – Mort de Skander Vogt

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Skander Vogt : la société le condamne, l’état l’assassine !

Skander Vogt: homme
Skander Vogt, entre en prison quand il a 18 ans pour des faits «graves» mais non-criminels. On pourrait chercher les raisons de ces actes dans une situation familiale catastrophique, la mort de sa mère à l’âge de 3 ans et l’abandon de son père peu plus tard mais on s’attardera ici la dessus pour respecter sa volonté «Je refuse d’utiliser mon enfance comme excuse, je ne veux pas susciter la pitié».
En tout cas Skander Vogt est condamné à 20 mois de prison mais il restera derrière les barreaux pour plus de 12 ans à cause d’un système carcérale et judiciaire honteux et inhumain. En fait l’article 43 du code pénal suisse permet de priver le condamné du droit à la liberté à l’expiration de la peine prononcée, et ce, pour une durée illimitée, si « en raison de son état mental, le délinquant compromet gravement la sécurité publique ». On peut déjà se demander de quelle manière on évalue la dangerosité et la santé mentale d’une personne enfermée. Spécialement quand l’accusé ne se considère ni dangereux ni fou, et qu’il ne se montre jamais violent contre d’autres personne en prison. Ses insultes et menaces restent toujours verbales.
Bref, l’unique faute pour la quelle cet homme est condamné à la torture de la prison pendant plus de 3700 jours c’est de ne pas supporter la violence d’être traité comme un chien par ses surveillants, c’est de ne pas avoir renoncé à sa dignité d’homme. Comme il dit lui même dans une missive adressée au journal Le Matin en décembre 2008 «Je ne peux nier avoir commis certaines choses méprisables dans ma jeunesse… mais je ne peux ni ne veux regretter d’avoir remis à leurs places des membres du personnel carcéral, pénitencier, qui, par ivresse de pouvoir, tentent de m’écraser et de se servir de ma dignité comme paillasson».
En effet Skander a passé toute sa vie adulte dans des conditions effrayantes, il est 23 h sur 24 en cellule, il sort enchaîné et il n’a aucun contact avec les autres détenus, l’accès au téléphone lui est limité et une vitre le sépare du reste du monde lors de chaque visite.
De plus, comme à plusieurs reprises il le dénonce publiquement, il est victime d’un violent racisme: certains gardiens crachent dans son verre d’eau, d’autres hurlent «Vive Hitler!», en s’adressant à lui.

Ce maudit Jeudi
Le 11 mars 2010 à 1:00h Skander Vogt boute le feu à son matelas pour protester contre le dernier abus de l’autorité carcérale (la confiscation de sa radio).
Les flics attendront 40 minutes avant de mobiliser les secours, en particulier la DARD (Détachement action rapide et dissuasion) chargé de gérer les détenus « dangereux ». Personne n’entrera dans la cellule de Skander avant 90 minutes après le début de l’incendie, temps pendant le quel Skander respire l’épaisse fumée présente dans sa cellule. Sa mort sera constaté à 3:00h.
La manque de volonté de sauver Skander des flammes est éclatant, cela émerge clairement des enregistrements des communications entre les différents corps chargés de sa sûreté. Alors qu’un homme mourrait dans d’horribles souffrances, on peut entendre plusieurs fois dans les enregistrements téléphoniques le personnelle de la prison et la police rire, appeler le détenu «connard» ou «crapule» et commenter que «il peut crever» et que «cela lui fait du bien».

Retransmission des conversations téléphoniques entre les matons et les flics pendant que Skander crevait dans sa cellule

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