Témoignage de rétention

cra

Centre de rétention de Vincennes : « mes enfants et ma liberté ne sont pas périmés »

Depuis jeudi 24 février les prisonniers du centre de rétention de

Vincennes multiplient les actes de révolte pour réclamer l’arrêt des

expulsions et leur remise en liberté et pour protester contre les

violences policières subies par un retenu et contre leurs conditions

d’enfermement.

Il est important pour les détenus que ces révoltes sortent des murs, que

se soit en passant des coups de fil aux cabines, en diffusant au maximum

l’information, ou toute autre action qui peut faire écho à cette révolte.

Liberté pour tous et toutes !

Témoignage recueilli le mardi 8 mars par aufondpresduradiateur@no-log.org

« La, ça va pas du tout. Comme d’habitude y a des gens qui ont fait la

grève de la faim. Chaque jour ils ramènent des gens de force. Et avec du

scotch comme d’habitude. Ils nous calment avec des cachets, on ne sait pas

comment on va sortir de cet enfer. J’ai vu le juge et le juge il est avec

la préfecture.  Il m’a mis 15 jours. Même la justice elle fait pas son

travail. Bonjour 15 jours. Je sais pas pourquoi ils nous ramènent à la

justice. Tu vois le juge, il voit ton visage, il pose juste  comme

question « Il est où ton passeport? » Après il te donne 15 jours. Tu

termines 15 jours, ils te ramènent en justice et encore c’est la même

chose. Le juge il dit qu’il change pas ce qu’a décidé le premier juge.

Dimanche il y a tous les 3 blocs qui ont fait la grève. Nous le bloc 2 on

a écrit sur un grand drap, on a crié : « Libérez les sans papiers ! » On a

fait une manifestation à l’intérieur du centre, ils ont ramené la police

en force et on a mis les draps sur les grillages sur la façade où vous

avez fait la manifestation à l’extérieur du centre samedi, dans ce coin

là, vers l’entrée. Après la police est venue et ils ont arraché les draps.

On avait écrit « Libérez les sans-papiers ». On a crié à l’intérieur,on a

fait un petit peu une grande manifestation.

Maintenant c’est comme d’habitude, la même chose. Il est venu le grand

gradé. Il a parlé avec moi. Il m’a dit « Vous savez pourquoi vous êtes là

: parce que vous avez pas de papiers ». Je lui ai expliqué mon cas, il m’a

dit tes papiers sont périmés. Je lui ai dit mes papiers sont périmés

d’accord mais mes enfants et ma liberté ne sont pas périmés. Voilà il est

venu nous voir et la dernière fois on a mis le feu, le feu ici à

l’intérieur . Ils ont ramené l’hélicoptère, ils ont ramené les gendarmes,

des centaines de gendarmes. On a des photos du jour où il y avait les crs

et l’hélicoptère.

Le plus de gens expulsés c’est les algériens. Si il peut y avoir quelque

chose pour aller au consulat d’Algérie, il faut faire la manifestation à

coté du consulat algérien. Les gens qui sont très expulsés ici, tous les

jours, c’est les Algériens. Tu rentres, ils te voient,  ils te renvoient

direct même si t’as pas de passeport. T’as rien du tout, t’as rien, rien

mais ils t ‘envoient en Algérie.

Y a des gens qui mangent pas, y a des gens qui se suicident. Moi

personnellement j’ai fait 3 tentatives de suicide. Je suis monté 1 fois

sur le grillage, la 3ème fois j’ai mis le feu sur moi et ainsi de suite.

Et je le ferai si je me libère pas. Je le ferai jusqu’à ce qu’ils me

libèrent. Il y a un Chinois ici il a sorti son ventre. Il avait un avion

prévu. Ici vous verriez c’est un abattoir. Y a des gens qui se coupent les

veines. Le Chinois qui a coupé son ventre, il y a même ses organes à

l’intérieur qui sont sortis. Nous on le voit chaque jour ici. Ils nous

tuent avec des médicaments qui psychiatrisent et tout ça. Surtout si vous

pouviez faire quelque chose il faudrait aller manifester à côté du

consulat algérien. Le consul algérien c’est un vrai salaud. Il renvoie

tous les Algériens même si t’as pas de preuve. T’as pas de preuve il

t’envoie en Algérie. »

aufondpresduradiateur@no-log.org – www.aufondpresduradiateur.fr

Numéros des cabines de Vincennes : bâtiment 1 01.45.18.12.40 /

01.45.18.02.50 / 01.45.18.59.70.

Bâtiment  2 : 01 48 93 69 47  / 01 48 93 69 62 / 01 48 93 90 42

Bâtiment 3 : 01 48 93 99 80 / 01 43 76 50 87 /  01 48 93 91 12


			

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